André Citroën: l’aventure d’un homme. Episode 2

Vous pouvez retrouver l’épisode 1: ICI

 

Sortie de l’école polytechnique, André Citroën est désormais maître de son destin. Cependant, suite à la mort de sa mère, Masza, qui ne c’était jamais vraiment remise du décès de son époux, qui rappelons le c’était suicidé lorsque André était encore tout jeune enfant, le jeune homme, déprimé vie une sorte de traversée du désert.  Il est invité à se rendre chez sa sœur en Pologne.

Ce voyage, est l’un des évènements majeurs, dont les conséquences seront essentielles dans le cadre de la création de la firme aux deux chevrons. Nous sommes en 1900 et André profite de ce séjour en famille pour visiter la région. La rencontre avec son beau-frère est primordiale, puisqu’en effet, ce dernier qui gère une entreprise à un client qui à mis au point un procédé d’engrenages aux dents taillés en V. André Citroën, en visionnaire avertis voit ici tout l’intérêt de ce processus et surtout l’opportunité de lancer sa propre entreprise. « L’industriel en devenir » achète la licence qui était à l’époque détenu par les Russes. D’un point de vue technique, ce système d’engrenages en V permettait de transmettre des puissances importantes tout en ayant un fort rapport de réduction de l’arbre de sortie. En terme moins savant, les engrenages à dentures hélicoïdales contribuent à un contact prolongé des dents et surtout assurent un plus grand silence durant le fonctionnement par rapport aux engrenages à taille droite et ceci grâce à un frottement plus faible. Toutefois le processus à un inconvénient notable, il induit des efforts axiaux importants dans les paliers.

Le génie d’André Citroën sera la création de la double denture en chevrons. Cette découverte permettra de compenser ces fameux efforts axiaux. De retour en France et aidé financièrement par le banquier Goldfeder, Citroën lance son entreprise. Ce sera le début de l’une des grandes aventures industrielles de l’époque.

Obligé de terminer sa dernière année à Polytechnique et de faire son service militaire au 31ème régiment d’artillerie du Mans, André est amené à reporter ses projets de développement industriel.

En 1912, âgé de 35 ans notre industriel s’associe avec André Boas et Paul Hinstin et créé la société « Citroën, Hinstin et Cie », entreprise de fabrication d’engrenages et en particuliers les fameux engrenages à chevrons en V. L’usine est d’abord installée dans le Xème Arrondissement de Paris puis migre rapidement au 31 quai de Grenelle dans le XVème à côté de l’usine des frères Mors, près du quai de Javel. L’entreprise change de nom, elle est rebaptisée « Société Anonyme des engrenages Citroën ». Le logo de la marque sera un double V renversé symbolisant les doubles dentures en chevrons de ses engrenages. Ce logo restera dans les anales, puisqu’il sera repris lorsque Citroën créera en 1919 la firme automobile dont nous fêterons les 100 ans dans quelques jours.

Parallèlement, entre 1906 et 1914 il est appelé au chevet de la société automobile Mors qui est en grande difficulté financière. André sera ainsi nommé directeur général. Il réorganise l’entreprise de A à Z, il double ainsi la production en 10 ans. En 1908 l’entreprise produisait 300 automobiles, elle atteint le chiffre de 800 cinq ans plus tard. Dés cette époque, le second évènement fondamentale après celui de la découverte de l’engrenage à double chevrons en V est le voyage qu’effectue André Citroën aux Etats-Unis. Il visite l’usine Ford près de Détroit. Dans cette dernière est appliqué le Taylorisme qui deviendra le Fordisme. Le concept de cette théorie est très simple : « Il s’agit de la démocratisation des biens de production industrielles fabriqués en grande série à moindre coût de revient. ». De retour en France, Citroën applique les méthodes de travail découvertes chez Henri Ford aux Etats-Unis. La pratique du Taylorisme ou Fordisme permettra ainsi à notre héros de créer l’un des plus beaux fleurons industriels d’après guerre. Nous vous proposons de vous retrouver la semaine prochaine pour de nouvelles aventures, nous aborderons Citroën sous un autre angle, celui de l’industriel participant à l’effort de guerre.